Jeudi 17 avril 2008
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18:30
Envie de fuire cette bête humaine qui me tracasse. Envie de gueuler ma colère comme de la rage
qui m'envahie et que je voudrais expulser de moi. Je voudrais que tous se retournent apeurés d'une telle violence qu'ils ont eux-même laissé naître. J'ai envie de lui cracher à la gueule toute
ma hargne, bête de sang. Envie de lui jeter à la face toute cette putain de misère. Envie de lui crier toute ma colère à ce destin de merde qui me poursuit. Envie de le frapper, de l'attraper,
de le mettre à terre, de le tenir à la gorge, de lui dire avec toutes mes trippes, toutes mes entrailles qu'il ne m'enfermera jamais, qu'il ne m'aura pas, qu'il ne me célera pas dans une voie
toute tracée, qu'il n'aura pas entièrement emprise sur moi.
Je t'emmerde en fait putain de destin !! tu comprends donc pas que tu me fais chier avec ces nouvelles de merde entendues chaque matin à l'autoradio dans le froid d'une bagnole en perdition
sous l'aurore noire. Pas envie de voir leur sale gueule ! Tu ne m'auras pas toi. Tu me fais chier avec ces violences continuellement engendrées, ces mecs à la rue, ces femmes abandonnées, ces
enfants égarés, désorientés, errant dans la fournaise urbaine... Connard de destin ! tu voudrais me faire croire qu'il n'y a rien d'autre sur nos routes que la mort. Et tu voudrais tellement m'y voir condamné.
Et elle, si belle, si rayonnante... Tu voudrais me l'empoisonner avant même qu'elle n'ait pu m'enfanter un bonheur. Ne t'avise pas. N'y pense même pas.
photo : Spies
texte : Spies (hivers 2008)
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